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GLOSSAIRE

NOTA BENE : Les définitions données dans ce glossaire ne sont pas de caractère académique . Elles font référence à ce qui a été développé dans ces écrits et sont destinées à en faciliter la lecture.
C’est donc dans un souci pédagogique que nous avons privilégié des définitions simples et pratiques.

Acteur(s) :
L’acteur peut-être individuel ou collectif ; se définit par sa pertinence par rapport à l’organisation étudiée, c’est à dire par la nécessité de le prendre en compte pour comprendre la réalité de cette
organisation. L’ensemble des relations stables entre acteurs pertinents constitue un système.

Analyse stratégique des organisations :
Mode de raisonnement (concepts) et outils (sociogramme et grille d'analyse) qui permettent d’appréhender les organisations comme un ensemble de stratégies rationnelles d’acteurs. On parlera de
raisonnement stratégique.

Arrangement(s) :
Solution(s) que trouvent des acteurs par la confrontation de leurs intérêts divergents. Tous les arrangements ont un coût, pas uniquement financier. Les acteurs parviennent d'autant plus facilement
à trouver un arrangement qu'ils en externalisent le coût sur des tiers.

Attitudes :
La façon la plus apparente dont s'exprime ou réagit un acteur. Supposées dépendre de l'acteur lui-même et de sa volonté, les attitudes s’entendent par opposition aux comportements qui sont eux de
nature contextuelle. La distinction entre les deux est un objet de débats sans fin entre les sociologues.

Autonomie :
Situation dans laquelle un acteur réussit à éviter toute situation de dépendance vis à vis des autres. La recherche de l'autonomie apparaît empiriquement comme le problème à résoudre le plus répandu
dans les organisations.

Bureaucratie :
Organisation caractérisée par l'endogénéïté de tous les critères qu'elle utilise et qui bâtit ses modes de fonctionnement sur ses propres contraintes et non sur celles de son environnement pertinent.
S'oppose, dans le langage managérial à organisation-client.

Changement :
Modification substantielle et durable des stratégies des acteurs, telles qu'elles s'expriment dans leur comportement quotidien. S'oppose à modification des structures.

Chantier :

Partie ou activité d'une organisation qui a été identifiée comme suffisamment importante pour faire l'objet d'un traitement spécifique, dans le cadre d'un projet de changement.

Concret :
Proche de "réalité". Désigne ce qui est effectivement, par opposition à ce qui devrait être. Sa prise en compte est une des conditions de réussite d'une action de changement. Les modes de
fonctionnement sont concrets, les structures ne le sont pas.

Confiance :

Reconnaissance de la capacité des acteurs à accepter la réalité telle qu'elle est. Implication de ces acteurs dans la recherche de solutions.

Connaissance :
Appréhension des mécanismes organisationnels qui sont à l'œuvre et qui caractérisent le système sur lequel porte l'analyse. S'identifie à la compréhension des problèmes. Se réfère à la réalité et
au concret.
Partage de la connaissance : diffusion de ce qui a été mis à jour à l'ensemble des acteurs concernés. S'identifie à "écoute". Implique la confiance.

Contexte :
Environnement pertinent de l'acteur, fait d'un ensemble de ressources et de contraintes, incluant les règles, les procédures ou les autres acteurs. L'intelligence de l'acteur lui permet de s'y adapter
en cherchant à obtenir ce qui peut être obtenu dans le contexte tel qu'il est. C'est le changement du contexte qui permet le changement de la stratégie des acteurs, donc de l'organisation.

Contraintes :
Un des éléments du contexte des acteurs : ce qu'ils doivent affronter pour résoudre leurs problèmes. Peuvent être des éléments matériels ou d'autres acteurs. Ne sont jamais figées une fois pour
toutes. S'opposent à ressources.

Coopération :

Désigne la confrontation directe des intérêts divergents des acteurs et la recherche immédiate d'une solution négociée acceptable par eux. N'est ni naturelle ni spontanée parce qu'elle réduit
l'autonomie. Doit donc se créer à l'aide de leviers. Implique la simultanéité et permet ainsi permet de réduire les coûts et les délais. S'oppose à coordination.

Coordination :
A la fois une activité et une fonction. Consiste à faire gérer par un acteur tiers les logiques, les rythmes, les décisions et les actes d'acteurs qui ne coopèrent pas. La multiplication des fonctions de
coordination est une des caractéristiques des organisations bureaucratiques.

Culture (d'entreprise) :
Ensemble de stratégies qui se retrouvent de façon récurrente dans une organisation Façon dominante dont les acteurs, dans cette organisation, résolvent leurs problèmes.
Culture "contenant": L'apparence, le discours, les signes extérieurs ;
Culture "contenu": Les pratiques concrètes, les stratégies.

Dépendance :
Situation dans laquelle un acteur voit un autre acteur contrôler quelque chose d'important pour lui. S'oppose à autonomie
Dépendance inversée: situation dans laquelle la dépendance réelle est à l'opposé de la dépendance hiérarchique. Caractéristique des organisations bureaucratiques.

Ecoute(r) :
Action consistant à passer des sentiments exprimés par les acteurs à la mise en évidence de leur réalité, au-delà de la perception partielle et partisane qu'ils en ont. Ecouter n'est pas demander
aux acteurs ce qu'ils veulent, c'est le leur dire à partir de la compréhension de leur univers concret de travail.

Effets pervers :
Résultat différent de celui attendu ou résultat non maîtrisé d'une action ou d'une décision de changement. Se produisent généralement lorsque l'investissement dans la connaissance n'a pas été suffisant.

Empowerment :
(non traduisible en Français). Action de donner aux acteurs les moyens intellectuels et méthodologiques leur permettant de dépasser leur vision partielle de la réalité. Donner les moyens de la
connaissance et pas seulement la connaissance elle-même.

Externalisation (des coûts) :
Mécanisme organisationnel par lequel les acteurs d'un système font supporter par de acteurs extérieurs à ce système les coûts des arrangements auxquels ils sont parvenus. Les mêmes mécanismes
existent au sein des organisations de la part des acteurs dominant et/ou en situation de monopole.

Grille d'analyse :
Un des deux outils de l'analyse stratégique des organisations. Permet de mettre en forme de façon simple et de relier entre eux le contexte, les problèmes à résoudre et les stratégies des acteurs.
N'a d'utilité qu'accompagnée d'une excellente maîtrise du cadre conceptuel qui la sous-tend.

Incertitude :
Elément important pour un acteur, mais qui ne dépend pas de lui. Celui qui contrôle une incertitude à du pouvoir ; celui qui subit ce contrôle est en situation de dépendance. La sociologie classique
parle de "zone d'incertitude" pour exprimer l'idée qu'une incertitude est généralement mal définie.
Incertitude pertinente: renvoie à l'idée que pour donner du pouvoir, l'incertitude contrôlée doit être importante pour un autre acteur ou pour l'organisation elle-même.

Intelligence :
Capacité que possède tout acteur à trouver une solution acceptable pour lui, dans le contexte dans lequel il se trouve. Postulat de base de la théorie de la rationalité limitée.

Jeu :
Articulation stable des stratégies des acteurs pertinents, qui produit la permanence et la stabilité d'un système.
Jouer avec : utiliser, se servir de.

Leviers :

Eléments constitutifs du contexte des acteurs sur lesquels on peut jouer pour faire évoluer leurs problèmes à résoudre et leurs stratégies. Les systèmes de gestion des ressources humaines sont
les leviers les plus fréquemment utilisés. On parle d'effet de levier.

Management :
Obtenir des acteurs dont on a la responsabilité qu'ils fassent ce que l'on souhaiterait qu'ils fassent.

Marge(s) de manœuvre :
Espace de liberté dont dispose un acteur et qui lui permet d'agir sur le contexte d'autres acteurs pour leur faire changer de stratégies. Souvent sous-estimées par les acteurs eux mêmes. Ne
peuvent se repérer que par la connaissance.

Méthode :
Articulation des différentes phases d'un processus de changement. Concerne la façon de procéder et non le contenu. S'oppose à modèle.

Mise en œuvre :
Dispositif adopté pour rendre effectives les solutions envisagées. Concerne à la fois les conditions d'association des acteurs au processus et la mise en concordance de l'ensemble des systèmes
de gestion avec ce que l'on souhaite obtenir de ces acteurs.

Modes de fonctionnement :
Expression utilisée pour différencier organisation et structure. Façon concrète et quotidienne dont les acteurs s'arrangent pour assurer la pérennité de l'ensemble dans lequel ils évoluent.

Mode de raisonnement :
Ensemble de notions et concepts articulés les uns par rapport aux autres qui permettent la compréhension de la réalité. L'analyse stratégique des organisations et des systèmes est un mode de
raisonnement. S'oppose à modèle.

Monopole :
Organisation dont les acteurs dominants ont une forte capacité à faire supporter par leur environnement -qui n'a pas le choix- le coût de leurs arrangements internes. Au sein d'une organisation,
une définition trop précise des fonctions et des territoires amène à la constitution de monopoles internes.

Opportunité(s) :
Désigne ici le fait pour un acteur de réussir à transformer une contrainte en ressource, pour lui ou pour un autre acteur. On appelle gestion des opportunités le jeu des acteurs avec leurs ressources
et leurs contraintes.

Organisation :
Désigne l'ensemble des stratégies des acteurs, ce qu'ils font, la façon dont ils travaillent et résolvent leurs problèmes. Doit être différenciée de la structure qui n'est qu'un des éléments du contexte
de ces acteurs. S’apparente à concret et à réalité.

Pouvoir :
Un acteur a du pouvoir lorsqu'il contrôle quelque chose d'important pour un autre acteur ou pour l'organisation dans son ensemble. Le pouvoir n'est pas un attribut. Il n'existe que dans la relation
aux autres. Différent de hiérarchie.

Priorité(s) :
Partie d'un système, soit un champ, soit une catégorie, à laquelle une action de changement va s'attaquer en premier, dans la mesure où elle permet de déséquilibrer le système. Ne recouvre pas
obligatoirement le problème le plus important. Se trouve à la jonction du souhaitable et du possible.

Problème(s) :
Utilisé ici dans deux sens :
Une information comprise, c'est à dire les mécanismes organisationnels qui permettent d'interpréter les symptômes qui ont attiré l'attention ;
Problème à résoudre: ce qu'un acteur cherche à atteindre dans le contexte dans lequel il se trouve. Différent de la tache ou de la mission. Ne signifie pas que l'acteur "a un problème" au sens
commun du terme, mais qu'il veut obtenir quelque chose.

Protection (fonction de) :
Expression utilisée à propos du travail dans les sociétés développées. Les organisations ont une tendance naturelle à développer cette fonction au détriment de celle de production tournée vers
l'environnement. La pression du marché inverse cette tendance.

Rationalité limitée :
Calcul (conscient ou inconscient) effectué par un acteur dans un contexte donné pour trouver une solution acceptable pour lui. S'oppose à rationalité absolue qui suppose l'existence d'une seule
bonne solution.

Réalisme méthodologique :
Postulat qui veut qu'une action (de changement) ne puisse être maîtrisée et efficace que si elle s'appuie sur une connaissance approfondie de la réalité.

Réalité :
Désigne les conditions concrètes dans lesquelles se trouvent les acteurs et qui expliquent pourquoi ils font ce qu'ils font. Ce dont on part pour lancer une action de changement. S'oppose à apparence
et généralement à structure, règles et procédures.

Ressources :
Un des éléments du contexte des acteurs. Ce qu'ils peuvent mobiliser pour résoudre les problèmes qu'ils cherchent à résoudre. Peuvent être des éléments matériels (règles et procédures) ou d'autres
acteurs. Ne sont jamais figées une fois pour toutes. S'opposent à contraintes.
Ressource principale de l'acteur le plus puissant : Le point "dur" d'une organisation. Ce à quoi il faut généralement s'attaquer pour obtenir un vrai changement.

Sociogramme :
Un des deux outils de l'analyse stratégique des organisations. Visualisation des relations entre acteurs, telles qu'on peut les percevoir en leur faisant exprimer leurs sentiments les uns vis à vis des
autres. Se construit sur une qualification simple : positif, négatif ou neutre. Doit être considéré comme un outil dynamique qui permet de poser les questions que la grille d'analyse permettra d'élucider.

Stratégie :
Solution acceptable -mais qui n'est pas forcément la meilleure- trouvée par un acteur dans un contexte donné pour atteindre ce qu'il cherche à atteindre. Expression concrète de l'intelligence de l'acteur.
Stratégie rationnelle : au sens de la rationalité limitée (Herbert Simon). N'implique ni que l'acteur a raison, ni qu'on l'approuve. S'oppose à irrationalité, bêtise, malhonnêteté qui ne sont pas des
concepts sociologiques.

Symptôme(s) :
Terme emprunté au langage médical qui désigne ce qui apparaît, ce qui donne l'alerte : des défauts, des délais excessifs, des pertes financières. C'est une "information incomprise" que l'analyse
permettra de transformer en "information comprise", c’est à dire en problème identifié.

Système :
Ensemble de stratégies d'acteurs ne se comprenant que les unes par rapport aux autres. Un système suppose un certain degré de stabilité. La sociologie utilise la locution système d'action concret
pour indiquer qu'il s'agit de la réalité qui a du sens pour les acteurs.

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